Togo: Brigitte Adjamagbo, le régime qui ne veut pas l’alternance est en train de manigancer des choses

0
543
Brigitte Kafui Adjamagbo-Djohnson, Coordonnatrice de la C14

(Reporterdafrique.com) L’esprit de la feuille de route délivrée le 31 Juillet dernier par la CEDEAO  pour une sortie de crise au Togo cré des circonstances et des réactions tans dans les états majors politiques que dans la société civile.

La confusion sur l’authenticité de la feuille de route même, la mise à feux de mosquées et de corans, l’arrivée d’une mission de la CEDEAO à Lomé cette semaine , la reprise des activités a des fins électorales à la CENI, autant de sujets qui on fait réagir Brigitte Kafui Adjamagbo-Djohnson, Coordonnatrice de la C14 dans cette interview accordée à la rédaction de votre organe de presse reporterdafrique.

Une interview réalisée Dimanche 12 Août 2018 par Dieudonné Messan que nous vous proposons de lire plutôt en intégralité.

Dieudonné Messan : Brigitte Kafui Adjamagbo-Djohnson, bonjour

Brigitte Kafui Adjamagbo-Djohnson : Bonjour

Dieudonné Messan : La crise togolaise a conduit la CEDEAO à produire une feuille de route pour une sortie de crise dans le pays et vous avez connaissance des décisions de cette feuille de route au sien de la coalition de la C14. Que dites vous de ces recommandations pour le pays ?

Brigitte Kafui : Nous sommes en attente de quelque chose au Togo en ce moment, nous l’immense majorité des populations qui voulons l’alternance et la démocratie au Togo. Ça fait un an que nous sommes en marche pour cet objectif là et le 31 juillet dernier a constitué un tournant important où la CEDEAO a prit un certain nombre de recommandations qui même si elles ne prennent pas en compte totalement ce que nous aurions souhaité mettent sur une certaine voie. C’est  la voie de l’alternance et de la démocratie de sorte qu’on peut dire oui il y a une bataille qui a été gagnée mais la guerre continue et nous devons rester mobilisés.

Les recommandations de la CEDEAO ont été prises et nous attendons parce que nous savons que le tout n’est pas de décider, nous savons à qui nous avons affaire.

Dieudonne Messan: La feuille de route a été claire sur les détails notamment la date du 20 décembre pour les élections législatives dans le pays! Et la CENI vous a même déjà demandé d’envoyer vos membres.Vous attendez quoi encore madame ?

Brigitte Kafui : Nous voulons être pragmatiques. Nous ne voulons plus parler de délais. On veut faire en sorte que il y ait des réformes et préparer conjointement les élections. Nous irons à ces élections quand tout le monde verra que nous sommes prêts.

La CENI n’a pas le droit, elle n’est pas habileté à le faire, c’est pas elle qui contrôle le processus électoral, tout est entre les mains de la CEDEAO, nous leurs demandons de se calmer. Et si jamais ils voulaient s’entêter, je voudrait m’adresser aux membres individuellement leur responsabilité sera engagée tôt ou tard nous saurons situer les responsabilités.

Dieudonné Messan: vous venez de dire que vous êtes dans l’attente. C’est par rapport a quoi ?

Nous sommes dans l’attente et pendant que nous sommes dans l’attente il y a des indicateurs qui nous montrent que l’adversaire de toutes les populations togolaises, le régime qui ne veux pas de la démocratie et l’alternance est en train de manigancer encore des choses. Je donnerai d’abord l’exemple de la confusion qui a été semée entre la version authentique de la feuille de route de la CEDEAO et une version erronée comme par hasard moins favorable au changement qui circule, qu’on a voulu faire passer pour la version officielle.

Je donnerai aussi l’exemple de phénomène désagréables et inquiétants auxquels nous sommes en train d’assister. Il s’agit plus précisément de la profanation et d’incendies de mosquées qui tendent à faire croire qu’il y a un conflit entre religions. Et cela se passe alors même qu’il y a une forte présence militaire dans les endroits où ces profanations ont lieu. On fait des rafles tous les jours dans ces endroits là et on va me dire que personne n’a vu pour réagir à ces profanations ?

En suite on constate que la CENI qui fait partie du problème prétend prendre l’initiative de contrôler le processus électorale après le sommet du  31juillet alors que ce que le 31juillet a marqué comme tournant c’est que plus que jamais c’est la CEDEAO qui va être au contrôle de ce qui va se faire.Tout ça nous inquiètent et nous indiquent que le régime qui est très embarrassé par les résultats que nous avons obtenus jusqu’à présent est en train de tout faire pour empêcher le statut quo d’évoluer.

Dieudonné Messan : Une mission de la CEDEAO est attendue à Lomé cette semaine quelles sont vos attentes à l’issue de cette mission?

Brigitte Kafui : Effectivement nous avions été prévenus que les facilitateurs vont renvoyer cette fois ci une délégation du comité du suivi. Donc c’est la première fois que le comité de suivi va siéger pour rapidement nous permettre de mettre en place un chronogramme, de discuter des questions qui méritent encore d’être discuter pour mettre en œuvre la feuille de route et pour approfondir les discutions et voir ce qu’il faut ajouter à ce qui a déjà été dit. Nous attendions cette délégation là mais nous venons d’apprendre qu’il se pourrait qu’elle n’arrive pas cette semaine. Nous nous sommes prêts à tout moment. Nous sommes sereins comme le peuple et nous veillons. S’il s’avère qu’on veut se mettre au travers de notre lutte et faire en sorte qu’elle ne puisse pas aboutir le peuple en prendra acte et réagira.

Dieudonné Messan

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here