Mort de DJ Arafat, Moussa Soumbounou, Directeur général de Universal Music Africa parle de la puissance de l’artiste

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Le décès de la star ivoirienne du coupé décalé continue de faire des vagues à travers le monde.
Interrogé sur RFI, Moussa Soumbounou, Directeur Général de Universal Music Africa, chez qui le chanteur avait signé il y a quelque année révèle des qualités, de respect et l’ora phénoménal de l’illustre disparu.
Nous vous proposons l’intégralité de son interview.

RFI : comment avez-vous recu la mort de dj arafat ?

Moussa Sougou : La mort de DJ Arafat nous fait beaucoup de peines chez Universal Music Africa, aujourd’hui on réagit comme des personnes qui viennent de perdre un ami, un voisin, Arafat est une icône de la musique africaine et de la culture afro urbaine et donc on est très attristé pour sa famille, pour les enfants qu’il laisse derrière lui et pour toute un peuple et tout un continent qui est endeuillée donc on est dans un état compliqué et on a envie d’honorer sa mémoire. Je regardais encore ce matin les dernières vidéos qu’il m’a envoyé et on a envie de le voir vivre toute cette puissance qui le caractérise.

DJ Arafat star du coupé décalé, ce qui fait sa particularité au monde :

Arafat est un artiste qui brille de lumière, c’est un artiste rempli de puissance. Il faut l’avoir connu pour le comprendre, il est créateur, il est seul dans le domaine du coupé décalé, il a une musicalité incroyable. C’est un compositeur, c’est un arrangeur, c’est un chanteur, c’est un DJ, c’est un autodidacte, il est une personne d’une compétence incroyable et en même temps il a une grande force de caractère, il a une grande confiance en lui, il ne pouvait qu’être le patron du coupé décalé et même l’un des grands patrons de la musique africaine tout court .

Des géniteurs de l’artiste, sa mère chanteuse, son père ingénieur de sons il vous en parlait ?

Alor il en parle de manière assez même libre, il a eu comme tout un chacun des moments de disparité avec son cercle d’éducation premier mais il m’a toujours montré une grande marque de respect pour tout ce qu’il a constitué tout au long de sa carrière. Ses parents, sa famille, ses amis, son groupe d’adoption de motards, sa famille d’adoption de son premier quartier, il a été très très respectueux de tout ça.

Les débuts d’Arafat dans les clubs de la rue princesse de Yopougon motif de son popularité ?

Je pense que sa popularité dépassait ce cadre-là, effectivement oui parce que c’est quelqu’un qui est proche du peuple et c’est le peuple qui lui a donné cette couronne parce qu’il est le premier artiste du coupé décalé à remplir à l’époque le palais de la culture et le public lui voue un culte incroyable qui dépasse les frontières de la cote d’ivoire. Moi j’ai pu le voir en chaud au Cameroun, je l’ai vu au Mali, je l’ai vu en France, en sale, en discothèque, je l’ai vu dans les caraïbes, Arafat est un phénomène qui a un socle culturel commun à tous les afrodécendants et tous les africains et tous les autres autour de la planète.

Il y a 5 ans Arafat est l’un des rares artistes africains à signer dans une grande compagnie comme Universal Music qu’est-ce qui vous a motivé dans ce choix ?

Je pense que c’est évident, Universal music cherche comme toute entreprise commerciale cherche à faire des collaborations avec des talents, des personnes qui ont un fort potentiel de développement ou une grande base de données et de fans et Arafat est l’artiste le plus influent de la francophonie, donc c’est le troisième artiste le plus influent du continent africain, il cumule plus de 2 millions de followers sur son comptes facebook. Il a la mégaomanie qui le caractérise, c’est quelqu’un qui prouve au quotidien qu’il aime le challenge, qu’il les relève et qu’il les gagne.

Mais qui sont les collaborateurs d’Arafat ?

Il a travaillé avec Maitre Gims, il a collaboré avec Daju, Lazar, il également travaillé avec énormément de monde et je pense que les artistes de la scène urbaine française lui vouent un respect énorme et le reconnaissent comme leader absolu et écrasant sur la musique africaine et même la culture urbaine dans le monde entier.

Reporterdafrique avec RFI

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